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Du 8 avril au 3 août, la Cinémathèque Française consacre une exposition « Deux temps, trois mouvements » à Jacques Tati, cinéaste, qui en trois courts et six longs métrages, s'est imposé comme l'un des cinéastes burlesques les plus originaux et les plus inventifs.




Au programme: un hall décoré avec une signalétique colorée, une exposition de 650 m2, des films projetés en salle (dont une trentaine de documents traitant de son univers) et des conférences.

L’affiche de cette exposition est celle du film « Mon oncle » où Tati est sur son solex, avec un petit garçon sur son porte- bagages (Gérard, neveu de Monsieur Hulot). Mais le cinéaste a un signe particulier sur cette affiche … lequel ? Il a sa fameuse pipe aux lèvres.

Et bien figurez-vous que cette affiche a été retouchée par Métrobus (2000 exemplaires), régie publicitaire de la RATP. Les affiches qui seront vues dans le métro et peut-être ailleurs donneront à voir un Jacques Tati avec un moulin à vent au bout de sa pipe ! Cela au nom (d’une pipe !) de la loi Evin, qui, depuis 18 ans maintenant, interdit toute publicité directe ou indirecte pour l’alcool et le tabac.





Tati n’est pas la première victime du sacro saint respect jusqu’au boutiste de cette loi au mépris d’une oeuvre, que ce soit une affiche, un timbre, une photo célèbre … En 1996, déjà, un timbre représentant André Malraux la cigarette au bec avait été retouché par la Poste. Et en 2005, c’est Jean-Paul Sartre qui avait été amputé de son mégot par la BNF, sur les affiches utilisées pour une exposition qui lui était consacrée.

Ce respect de la loi s’attaque même aux personnages fictifs puisque Lucky Luke a dû troquer sa célèbre cigarette contre… un brin d’herbe !

Si on y regarde d'un peu plus près, cette affiche est celle de tous les dangers  : ils n’ont pas de casque, l’enfant n’est pas sanglé …vous vous rendez compte ?!

Connaissez-vous l’expression « se battre contre des moulins à vent » ?

L'origine littéraire vient de Don Quichotte de la Mancha et son fidèle Sancho Panza, les héros picaresques inventés par Cervantès, qui prenaient les moulins à vent pour des ennemis et les combattaient.

Depuis, cette expression signifie se battre contre un ennemi qui n'existe pas ou pour des causes sans intérêt ou encore pour des causes perdues d'avance.






Tag(s) : #Actu

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