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Consultations de Rosalie

Bonjour et bienvenue ! Je vous propose des consultations à Paris, par tél. et Skype. Mon objectif est de vous apporter conseil, éclaircissement et réconfort. Je vous invite à découvrir mon parcours et le déroulement de mes consultations.

Où êtes vous ?

Publié par rosalie

 

 



Voici une expérience vécue il y a quelques semaines que j'ai eu besoin de raconter car ça va mieux en l'écrivant ! .. vous allez comprendre ...

Comme mon mode d’expression est volontiers l’écriture, je vais tâcher de vous raconter aussi brièvement que possible mon séjour, bref lui aussi, mais assez dense, dans une clinique parisienne.

Je tiens à préciser d’entrée de jeu qu’il s’agit d’un récit écrit d’un seul jet, d’un billet d’humeur ou encore d’une tranche de vie assez épique, à lire sur le ton de l’humour et non d’un rapport destiné à je ne sais quelle instance et encore moins d’un brûlot.

Je l’écris d’abord pour moi, car « ça va mieux en l’écrivant » et parce que la dérision et l’auto dérision m’accompagnent très souvent dans ma façon de voir la vie. L’humour, c’est la règle du genre, prend systématiquement sa source dans ce qui pourrait ou aurait pu être tragique.

Invitée à me présenter un mercredi de février à onze heures pour mon hospitalisation, je ne suis arrivée qu’à onze heures trente : j’avais déjà réglé la partie administrative de l’opération et l’anesthésiste m’avait dit quelques jours plus tôt qu’il ne viendrait me voir que vers midi pour me confirmer l’heure de mon intervention, planifiée aux alentours de quatorze heures.

Un frère (cette clinique est sous la discrète aubédience de frères qui l'ont créée) m’a accompagnée jusqu’à l’entrée de ma chambre, la seize (ou plutôt la 15/16, précision utile pour la suite !) et m’a quittée non sans m’avoir souhaité auparavant (ce sont ses mots) « bon courage madame ». J’ai trouvé l’intention bienveillante mais le ton quelque peu appuyé voire solennel et somme toute pas si réconfortant que cela !

J’ai donc pénétré dans ladite chambre que je savais double, c’était mon choix : je tiens à dire dès maintenant qu’il s’agit d’une première expérience et que ce sera vraisemblablement la dernière, à moins qu’une extrême urgence et de surcroît qu’un état d’inconscience certain me privent un jour -hélas- de tout pouvoir de décision !

J’ai fait alors la connaissance d’une femme venant d’apprendre qu’en plus d’une tumeur cancéreuse au sein droit, une chaîne de ganglions venait de lui être retirée et que s’ensuivrait très probablement radio ou chimiothérapie au cas où « le crabe » naviguerait déjà dans son sang.

Cette personne, pour le moins réactive, m’a relaté la situation tout de suite en me disant que si j’étais arrivée dix minutes plus tôt, je l’aurais trouvée en train de pleurer. Je m’étais assise n’ayant pas envie de m’aliter avant qu’on vienne me chercher pour mon intervention, j’étais donc en position d’écoute. Quant à elle, elle était allongée, la tête relevée, je l’ai donc écoutée une bonne heure durant et j’ai troqué mes vêtements de ville contre un boubou africain, tenue que j’affectionne pour être à l’aise.
Elle était très nauséeuse, pas question pour elle de s’alimenter (un œil jeté sur son plateau « repas » m’a presque invitée à la compassion ce que je m’étais bien retenue de faire jusqu’alors !), elle ne pouvait pas trop bouger au risque d’avoir la tête qui tourne, elle attribuait cela à l’anesthésie. Je me suis dit alors que je serais peut-être comme çà ce soir, cette nuit, demain …

Quelqu’un a frappé à la porte, il devait être un peu moins de treize heures, c’était son mari : il a embrassé sa femme puis est allé aux toilettes, détail qui a son importance et sur lequel je reviendrai plus tard.

C’est la première fois que je voyais cet homme mais il avait l’air bouleversé, j’en ai déduit qu’il savait, qu’il avait «appris» par téléphone, ma voisine de chambre me l’a confirmé en me disant qu’il avait visiblement l’air d’avoir pleuré. Il est sorti des toilettes, est venu s’asseoir auprès de sa femme et s’est écroulé en pleurs.
Je suis donc sortie et j’ai erré dans le couloir en tâchant de ne pas me demander quelle incidence cela pouvait avoir sur mon état d’esprit.

Une demi-heure plus tard, il m’a semblé reconnaître une voix accompagnée d’un charmant accent britannique, voix déjà entendue quelques jours auparavant au cours d'un entretien pré-opératoire, celle de l’anesthésiste chargé de m’endormir, et voix très attendue car annonciatrice de l’heure à laquelle on viendrait me chercher… Je me suis approchée de l’endroit, que j’appellerai le poste des infirmières.
Je crois avoir eu envie de parler un peu avec ce docteur, d’échanger deux ou trois phrases, deux minutes,  juste pour évacuer je ne sais quoi,  et  j’ai été  «saisie» (de quoi ou comment j’ai préféré ne pas savoir) en apprenant que mon intervention n’aurait lieu qu’à dix-sept heures en raison d’une urgence. Cela m’a été dit plutôt doucement et à regret mais sûrement et je me suis tout de suite demandé comment j’allais passer l’après-midi … et où, vu les événements.

J’ai repris à un moment donné le chemin de la chambre avec l‘envie de me rhabiller, d’abord presque de partir puis ensuite d’aller seulement faire un tour ... mais où ? Je ne suis pas une fan du quartier, ça manque un peu de vie, de terrasses, de ruelles, de petits commerces et par conséquent de chaleur.

Pourquoi n’y a-t-il plus, depuis si longtemps déjà, la clinique Junot à côté de chez moi … Alors que je fus longtemps une grande voyageuse et que je bouge encore de temps en temps, je constate plus que jamais que lorsque je suis à Paris, je n’aime pas quitter Montmartre, car c’est chez moi, que je déteste décidément la rive gauche, je n’y vais que ponctuellement, pour des raisons professionnelles.
Ah oui, heureusement, me suis-je dit, j’ai une amie sur qui je peux compter en toutes circonstances qui habite à côté, elle m’a dit que c’était un bon endroit, qu’elle y faisait ses examens depuis longtemps, et puis qu’elle viendrait me voir demain. J’ai bien fait de lui dire que ce n’était pas la peine de venir ce soir, j’ai dû avoir une intuition.

Il était pratiquement quatorze heures et ma voisine m’a dit que je pouvais rester, son mari retournant travailler. Je me suis donc assise à nouveau en lui disant que je ne serai opérée que plus tard, vers dix-sept heures environ, en principe ; de deux choses l’une, où je sentais l’approximation de l’horaire annoncé, où je préférais le rendre approximatif moi-même, au cas où …

Ma colocataire a tenté de me rassurer en évoquant l’heure de son intervention qui avait été décalée elle aussi de trois heures.
Elle m’a dit aussi que ce n’était pas parce qu’elle n’était vraiment pas bien et que tout tournait que je vivrais forcément la même chose. J’ai été assez moyennement convaincue… !  Elle a poursuivi en me parlant de ce qui pourrait être la cause de sa maladie : une prise d’hormones pendant onze ans, interrompue de sa propre initiative quatre ans plus tôt à peu près, car elle avait découvert leurs éventuelles et néfastes conséquences.

Nous avons fait plus ample connaissance, elle m’a parlé de son origine new yorkaise et italienne par ses parents venus vivre à Brooklyn, de son métier, la psychanalyse, puis elle m’a dit qu’elle vivait en France depuis 40 ans par amour.

Je lui ai dit que j’étais psychologue de formation moi aussi, mais pas clinicienne, seulement d’entreprise … ! qu’après avoir été administratrice dans le BTP en Afrique et en Irak, je m’étais recyclée dans la production audiovisuelle ayant eu depuis longtemps une caméra à la place des yeux et que j’enseignais également ce métier depuis quelques années. Cela l’a intéressée car son fils est étudiant dans une école d’audiovisuel. Nous avons d’ailleurs eu par la suite de longues conversations sur le cinéma, passion commune.

Une infirmière est venue pour me dire à quel numéro on pouvait me joindre, m’a demandé si j’avais des contre-indications alimentaires. J’ai alors précisé que les laitages faisaient très mauvais ménage avec mes intestins mais j’ai constaté en recevant mes deux plateaux du lendemain que le yaourt devait être un élément incontournable du repas d’un patient ! Un flacon de bétadine m’a été remis avec lequel je devais prendre une douche avant seize heures, heure à laquelle j’ai pris la pilule que je me suis empressée de qualifier d’anti-stress, histoire de garder le cap ! et je me suis allongée, vêtue de la tenue chirurgicale.

Me voyant toujours dans ma chambre à dix-huit heures trente, une autre infirmière m’a dit qu’elle allait appeler pour aller aux nouvelles et elle est réapparue quelques minutes plus tard pour me dire qu’on ne devrait pas tarder à venir me chercher. Effectivement, vers dix-huit heures quarante-cinq, un brancardier est arrivé pour m’emmener au bloc.
Le chirurgien m‘a demandé si j’avais toujours le sourire malgré l’heure tardive et l’anesthésiste m’a dit qu’il allait m’endormir…

J’ai su plus tard par ma voisine que j’étais revenue dans la chambre vers vingt et une heures car je ne me souviens que d’une chose, la plus importante, la voix du chirurgien me disant que tout s’était bien passé. Je me suis réveillée plus tard à la vue d’une infirmière venant changer mon goutte-à-goutte et m’aider à renfiler mon boubou à ma demande, à une heure vraisemblablement tardive. Je me souviens aussi m’être levée à deux reprises dans la nuit pour aller aux toilettes.

Le lendemain matin, j’ai été réveillée après avoir dormi d’un sommeil particulièrement profond par le bonjour d’un niveau sonore au-dessus de la moyenne de l’aide-soignante chargée de prendre notre température et notre tension.
Je me suis déjà demandé, pour l’avoir vécu, pourquoi certaines des personnes chargées de s'occuper de nous éprouvaient le besoin de nous parler comme on s’adresse à un public venu assister à une pièce de théâtre. Dans un tel contexte, cela s’explique par le fait que le spectateur situé loin de la scène, au balcon ou au pigeonnier, a lui aussi payé sa place et qu’il est en droit de pouvoir entendre ce qui se passe et suivre ainsi l’action dans de bonnes conditions.
Est-ce que la personne qui hausse le ton associe systématiquement une perte d’audition à la problématique médicale des patients ? Cela s’accompagne aussi parfois d’une articulation appuyée avec en prime l’emploi de phrases courtes et simples, ces règles quant à elles, ne relevant pas de l’art dramatique !

Une aide-soignante est venue faire le ménage, nous avons bavardé avec elle et ma voisine lui a demandé quel type de produit elle utilisait étant donné que cela ne sentait pas l’eau de javel. Elle nous a répondu à juste titre que l’eau de javel était susceptible d’incommoder les patients mais qu’elle utilisait un produit désinfectant aussi efficace, ceci un jour sur deux, ce qui nous a étonnées. Ce qui me surprend également, à la réflexion, c’est que des visiteurs puissent pénétrer dans une chambre et a fortiori dans les toilettes (!) sans chaussons chirurgicaux. Il s’agit sans doute d’un protocole un peu coûteux à mettre en place ou difficile à faire observer.

Par ailleurs, en ce qui concerne le lavage des mains avec le liquide prévu à cet effet à l’entrée de la chambre, j’ai constaté que la règle était bien observée par le personnel. Mais je suis demandée si elle ne devrait pas également s’appliquer aux visiteurs, surtout s’ils ont un contact rapproché avec les patients.

J’ai eu l’heureuse surprise de constater qu’au lendemain de mon opération je n’étais pas malade, je n’avais mal nulle part et j’étais ainsi assurée comme promis de pouvoir rentrer chez moi le lendemain matin.
J’ai pris mon petit-déjeuner, léger, comme me l’a précisé la personne venue me l’apporter, c’est-à-dire avec quatre biscottes et non un petit pain comme ma voisine, opérée deux jours avant ! Je me suis un peu reposée avant le repas de midi pour lequel j’ai eu droit à du poulet et des haricots verts sur lesquels je me suis littéralement jetée alors que ma voisine tentait de savoir si la viande qui lui avait été servie était du veau ou un steak … Amusée, j’ai mis cela sur le compte d’une petite déperdition du goût ! Je me suis baladée dans le couloir tandis que ma voisine se rafraîchissait, j’y ai croisé l’anesthésiste venu gentiment prendre de mes nouvelles et j’ai regagné ma chambre.

Le mari de ma voisine a téléphoné, et elle lui a passé commande de tartes aux fruits en me demandant ce que j’aimais et j’ai eu droit un peu plus tard à une tarte Tatin venant de la Grande Épicerie ! Mais auparavant, je tenais à faire ma toilette, « en pièces détachées » à cause des pansements.
Ma voisine pendant ce temps-là  était au téléphone, son mari a fait irruption dans la chambre et s’est une fois de plus précipité aux toilettes, comme s’il s’agissait d’un rituel et m’a vue, forcément, puisque je me trouvais dans la salle bains sa femme n’ayant pas eu le temps de l’arrêter dans sa course ! Je l’ai mis à l’aise en lui disant que cela n’était pas grave et nous avons dégusté nos tartes ensemble un peu plus tard.

Nos toilettes faites, j’ai invité ma colocataire à sortir de la chambre pour aller prendre une boisson chaude et faire un tour dans le jardin. Sur le chemin du  retour, elle a souhaité voir la chapelle, alors je l’ai accompagnée pour lui faire plaisir ; nous l’avons trouvée sobre et paisible. Je lui ai demandé en sortant si elle était croyante, et elle m’a répondu avec beaucoup de naturel qu’elle avait été croyante et même pratiquante jusqu’à l’âge de trente ans et qu’après sa psychanalyse, elle était devenue agnostique ! j’ai éclaté de rire … j’ai eu l’impression que nos échanges et la situation que nous vivions avaient été écrits par Woody Allen car en plus elle avait le physique longiligne et les allures d’une Diane Keaton. Nous avons été accueillies à notre retour avec un coffee-break ou un tea-time selon les goûts. Ma fin d’après-midi a été agrémentée d’une visite amicale et d’un autre tour dans le jardin.

Le chirurgien est venu me rendre visite en début de soirée pour m’expliquer son intervention et me confirmer que je pourrai me sauver le lendemain matin … j’ai réalisé quels devaient être ses horaires de boulot …

Un peu plus tard, c’est plutôt dans l’univers de Pedro Almodovar que nous nous sommes retrouvées avec « Femmes au bord de la crise de nerfs » car le décor de la salle de bains était pour le moins déstabilisant.

Une petite poubelle destinée à accueillir quelques disques démaquillants (!) s’avère très vite insuffisante pour deux personnes, surtout si on y jette d’emblée une tenue chirurgicale ; nous en avions donc rempli une autre, un sac plastique, qui était donc à terre, tout cela sur le tapis de bain de la veille qui avait été oublié.

Ma voisine avait « les intestins en pile d’assiettes » et avait eu raison et du papier toilette et de la sanisette ; les infirmières de nuit nous ont apporté un rouleau de papier que nous avons posé sur le tabouret car la clef du boîtier était introuvable, mais point de film de remplacement pour le sanisiège !

L’une des infirmières a alors proposé de maintenir la lunette relevée provisoirement jusqu’au lendemain et c’est là que ma voisine a explosé, en lui demandant -entre autres- si nous étions au camping ou dans une clinique, tandis que je tâchais avec beaucoup de difficulté à contenir un fou rire, la tête sous les draps … ce qui me faisait rire aussi, c’est que mon opération, plus la situation dans laquelle nous nous trouvions avaient provoqué un effet inverse à celui de ma voisine sur mon transit intestinal …
Avant l’extinction des feux (ainsi que ceux de sa colère) j’ai rappelé gentiment à ma voisine que nous étions à l’hosto et non à l’hôtel … !

Nous nous sommes enfin endormies mais un peu plus tard dans la nuit … surprise ! je me suis réveillée brusquement car les feux étaient rallumés, c’était « Versailles » dans la chambre !!! Je me suis demandé où j’étais, réveillée en plein sommeil : étais-je chez moi ? ou avais-je basculé dans l’autre monde ?… jusqu’au moment où j’ai vu ma voisine debout, me demandant si j’avais allumé la lumière et à en juger par son regard plutôt furieux, pourquoi !!!

On a appuyé sur tous les boutons sans succès y compris sur celui qui alerte l’infirmière et elle nous a fourni tout de suite une explication (sic): « ils font des réglages lumière à l’accueil, des fois, la nuit et là , ils ont allumé les veilleuses»… Ah bon, a été notre réaction, due sans doute à la fatigue et re-fourire de ma part avant de me rendormir enfin à plus de deux heures du matin…

Quelle joie de revoir mon chirurgien le lendemain alors que je prenais mon petit-déjeuner, il venait de signer mon billet de sortie !!! L’infirmière a changé mes pansements après ma douche, j’ai salué chaleureusement ma voisine et je suis partie… enfin !

Ce que je tiens à dire, pour terminer sur une note un peu plus solennelle et surtout positive ce billet un peu long j’en conviens, c’est que je retiens -au final- de cette expérience le seul fait d’avoir bénéficié d’une intervention médicale remarquable, prodiguée par un précieux binôme.


Elle a de plus été accompagnée d’une disponibilité, d’une proximité et d’une pédagogie en amont et en aval que je salue chez ces deux personnages. Voilà pourquoi il s'agit de défendre notre service de santé publique car - mutuelle aidant - cela ne m'a pas coûté d'argent.

 

 


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